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Marc-André Pauzé | Dessinateur-voyageur | Photographe | Auteur | info@marcpauze.net

La guerre continue de tuer même si les coquelicots ne poussent plus.

November 10, 2018

De la Première Guerre mondiale à l'Afghanistan, les soldats ne sont pas les seuls à payer le prix pour les jeux d'échec des politiciens.

 

Les bombardements de la Première Guerre mondiale ont créé une importante quantité de poussière de chaux, propice à ce qu’une fleur rouge, le coquelicot, se développe pour une courte période dans des endroits où il n’en poussait pas auparavant. Depuis, le coquelicot est devenu le symbole des sacrifices des soldats.

 

«Chère soeur,

 

C'est une excellente idée de nous envoyer des photographies. Rien de mieux pour rapprocher les cœurs séparés par la distance et adoucir notre exil. Maintenant, Anna, si tu voulais bien m'envoyer un portrait de mon cheval, tu comblerais ma joie.

 

Ton frère Atanase.»

 

(Lettre envoyée du front par Atanase Poirier, 1915)

 

La guerre, cette saloperie déclenchée et gérée par des politiciens qui eux restent dans leur bureau, a fait bien des victimes. Beaucoup trop. De la Première Guerre mondiale, la « Grande Guerre », jusqu’à la guerre d’Afghanistan, plus de 117 200 Canadiens ont perdu la vie.

 

Mais parmi les survivants, combien de vies ont été brisées ? Combien de personnes ont vécu l’enfer des cauchemars pendant toute leur vie ? Combien sont-ils à être volontairement retournés à la rencontre de la grande faucheuse qui les avait épargnés sur le théâtre des opérations — un terme stupide employé par les hauts gradés pour parler des champs de batailles comme si c'était un jeu ?

 

De 1995 à 2016, 253 militaires se sont suicidés. Mais cette statistique ne tient pas compte des anciens militaires aux prises avec le syndrome de choc post-traumatique qui se donnent la mort, des années après leur libération des forces armées. 

 

Lors du jour du Souvenir, se souvient-on des civils qui ont eux aussi perdu la vie ? Les fameux « dommages collatéraux ». Pour les trois premiers mois de la guerre d'Afghanistan seulement, une étude du professeur d'économie Marc Herold de l'université du New Hampshire, et parue dans le Guardian, aurait déterminé que plus de 4000 civils ont péri. 

 

Les champs de batailles ne se voient plus recouverts de coquelicots depuis longtemps, mais la guerre n'en finit pas de faire ses basses oeuvres. Pendant que les politiciens, les grands décideurs du monde et les hauts-gradés pavoisent, les familles comptent leur mort. On voit le coquelicot blanc, symbole des morts civils et militaires reliés à la guerre, prendre de plus en plus de place. Si certains y voient un manque de respect envers les militaires, pourquoi ne pourraient-on y voir un hommage à TOUS ceux qui ont payé le prix ultime?

Je suis père de famille

Demain ma grande fille

Partira pour la guerre

Tristesse humanitaire (...)

 

Nous ne sommes pas sur terre

Pour sauter sur des mines

Ces engins de l’enfer

Que fabriquent vos usines

 

Quand reviendra ma fille

Debout ou en civière

Faudra-t-il qu’on maquille

Nos peurs et nos colères

 

Je sais qu’il faut se taire

Stratégies de vos guerres

Mais le poids de ma peine

Il brûle dans mes veines

 

Je sais qu’il faut défendre

L’idée de liberté

Mais vous me faites entendre

Si peu de vérités

 

Vous jouez sur les mots

Et nous comptons les morts

Vous jouez sur les mots

L’illusion de l’espoir

 

Lettre au Premier Ministre (2011), paroles: Marc Chabot, Musique: Richard Séguin, 

Texte, dessins et Photos © Marc-André Pauzé – tous droits réservés.

 

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