Visite au vieux camp de trappeur

Mis à jour : mai 8


Au bout d’un sentier (1) se trouve un vieux camp de bois rond situé sur une pointe en goulot séparant un lac en deux. Il faut marcher plusieurs kilomètres à travers montagnes et forêt pour y arriver. Déjà vieux à l’époque, j’ai découvert ce camp dans ma jeune vingtaine. La légende veut qu’il ait été construit par un trappeur de la région. Depuis plus de 30 ans, j’y suis allé souvent, avec mon ami Yves, mes enfants, mes blondes, quelques ami(e)s, mon chien, mais le plus souvent, j’y suis allé seul.

Juillet 2001 - Joanie (14 ans)

Au milieu des grands espaces sauvages de la forêt boréale québécoise, le soleil d’après-midi inondant d’une chaude lumière le mur sud de la cabane, j’y ai lu les aventures de Paul Provencher avec un sentiment d’émerveillement et d’amour. Je m’imaginais parcourir avec lui les sentiers de portages ancestraux.


Ces derniers jours, Nathalie et moi y sommes allés. Je voulais inspecter le camp afin de voir s’il était dans un état me permettant d’aller y passer quelques jours avec Maïkan.


Le soleil était bien haut dans un ciel bleu sans nuages. Après avoir préparé le lunch sur le feu de bois, on s’est installés, adossés au mur sud de la cabane. Le soleil tentait de réchauffer le vieux camp de trappeur malgré le froid cinglant, pendant qu’au loin, une sorcière de poudrerie valsait sur le lac pour se moquer de lui. Les arbres craquaient sous le souffle du vent d’hiver. De temps en temps, des cris de corneilles s’ajoutaient au concert.


J’ai envie de relire Paul Provencher...


(1) Adhérant au code de l'aventure responsable, je ne géolocaliserai plus les endroits que j'explore, sauf en quelques rares exceptions comme le détroit de Bellot, dans le Haut-Arctique - ce dernier ne risquant pas d'être envahi 😁. Ainsi, j'entends contribuer à sensibiliser à la protection des sites naturels. Selon plusieurs organismes, dont la WWF, "la géolocalisation sur Instagram des lieux préservés met en péril la biodiversité". Si elle permet de "partager des paysages idylliques, éloignés des sentiers battus", elle a son revers : "l'arrivée soudaine d'un tourisme de masse".


Sur le sujet, je vous invite à lire cet article de Radio-Canada/Beside


Aussi, j'espère inspirer les lecteurs à développer leur sens de l'aventure et de l'émerveillement, en cherchant par eux-mêmes ou au moins en développant un réseau de connaissances et d'amis issue d'une vraie relation.


Plus important que de connaître quel sac à dos j'utilise ou s'il est préférable d'apporter des raquettes ou des crampons, j'estime que d'acquérir des connaissances de base en orientation, en thermorégulation, en gestion de l'humidité, permettra à qui veut bien y mettre du temps, de s'aventurer au gré de ses compétences. Ceci dit, il me fera plaisir de répondre à vos questions dans les commentaires ou par courriel ... sauf de situer avec précision l'endroit du récit.


Aussi, j'ai pensé ajouter aux "Carnets de terrain" , une rubrique pour aider à developper des connaissances et compétences sur différents sujets techniques ou a rassembler quelques questions qui m'auront été posées.


~~~~~

Pour ne rien manquer des nouveaux billets et surtout pour des nouvelles en primeur sur mes projets, inscrivez-vous à l'infolettre mensuelle, "Carnets de terrain" (si vous recevez déjà une notification par courriel des publications du blogue, c'est que vous êtes déjà inscrits).

~~~~~

Textes, dessins, vidéos et photos © Marc-André Pauzé – tous droits réservés.



181 vues