• Marc-André Pauzé

Tempête du Labrador

Mis à jour : sept. 2


En fin d'avant-midi, la mer commence à se monter. (oui, c'était juste le début...)

26 août - On savait depuis deux jours qu'elle s'en venait. Mardi soir, nous avons pris soin de bien arrimer tout ce qui risquait de bouger. Mercredi matin, les vents commencent à souffler avec plus de force pour atteindre des pics à 45 nœuds. Rapidement la mer du vent se monte, elle s’amplifie sous l'action des forts vents. Nous continuons certaines stations en avant-midi mais nous devons nous rendre à l'évidence que ça augmente. Nous mettons le cap sur un endroit de la côte pour nous mettre à l'abri du pire.


En fin de journée, nous sommes dans la baie de Kaipokok menant à Postville. Toute la soirée et la nuit, nous faisons des allers-retours dans la baie pour attendre que le gros de la tempête passe.

J'en profite pour sortir mon chevalet sur un coin de l'entre-pont où le vent est moins présent. Malgré que la baie offre une protection contre les grosses vagues, le vent se glisse dans le corridor avec fureur. Je me dépêche à peindre le paysage qui défile devant moi avant que la nuit tombe tout en gardant mon équilibre, bien que ça tangue beaucoup moins depuis qu'on est ici. Des centaines de gouttes d'eau se déposent sur ma page créant des flocons dans le ciel.


Il y a un côté brouillon de l'aquarelle, que j'aime et qui complète la précision et la netteté de la photographie. Bien que je ne sois pas tout à fait d'accord avec les aquarellistes que la photographie manque de profondeur et de dynamisme par rapport à l'aquarelle, celle-ci est un processus plus organique. J'ai la chance d'avoir cultivé l'art de raconter une histoire en photo en ayant été photoreporter. Je possède bien les techniques pour aller chercher des nuances et une évocation de l'histoire à raconter en photographie mais l'aquarelle raconte autre chose. Elle touche à d'autres cordes chez la personne qui la regarde. L'aquarelle laisse le cerveau remplir les trous et compléter ce qui est seulement évoqué. Peindre à l'extérieur par ce type de température permet en plus de composer avec l'environnement et de saisir l'ambiance et le caractère d'une façon bien différente de la photo. Pas mieux, mais différente.


Les marques de pluie et les coups de pinceaux à la précision approximative disent autres choses qu'une photographie à propos de l'expérience que j'ai vécue, mais c'est surtout ce que ce moment aura imprégné en moi qui est important.

Ce n'est pas de la neige dans le ciel :-)

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Textes, dessins et Photos © Marc-André Pauzé – tous droits réservés.


Marc-André Pauzé | Dessinateur-voyageur | Photographe | Auteur | info@marcpauze.net
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