• Marc-André Pauzé

Les As de la haute voltige.

Mis à jour : août 31


Puffin des Anglais s'amusant entre les vagues

29 août — Ça fait 3 jours et la tempête continue de marquer sa présence sur la mer. Une houle de 2 à 3 mètres brasse le navire. On comprend la raison de la présence des rampes dans les coursives. Un brise-glace n’est pas conçu pour être confortable sur une mer agitée. Il est censé évoluer dans la glace.

En après-midi, je sors sur l’entrepont observer le spectacle aérien des fulmars boréaux qui sont accompagnés de puffins des Anglais.

Le fulmar est un très bel oiseau avec un maquillage noir autour des yeux. Il vit en colonie, qui suit le navire tout au long de ses déplacements. Il ne va à terre qu’en période de reproduction. L’une des particularités du fulmar est d’avoir une glande de dessalage d’eau de mer lui permettant de boire. Le sel est rejeté au niveau de deux narines tubulaires sur la mandibule supérieure donnant à son bec un profil caractéristique.

La tempête n’a que peu d’emprise sur eux. Leurs ailes, longues et étroites, leur permettent de faire de très longues distances en haute mer, profitant des vents et des mouvements d’air créés par les vagues pour minimiser leur effort et pour économiser leur énergie. Cet oiseau marin dispose d’une grande puissance dans ses mouvements tout en étant d’une agilité peu commune. Il est un grand adepte du vol plané, au ras des vagues.



Le puffin des Anglais est aussi un grand planeur qui fréquente les immensités océaniques. Ses longues ailes étroites permettent un vol sans fatigue, jouant lui aussi avec les courants aériens créés par le mouvement des vagues. Il possède un sens de l’orientation très développé lui permettant de regagner sa colonie sans erreur.

Puffin des Anglais

Je les observe faire du slalom à haute vitesse entre les crêtes de vagues déferlantes tout en effleurant la surface de l’eau du bout des ailes. Ils apparaissent, surgissant de derrière une vague et remontent faire un looping avant de redescendre plonger et disparaître à nouveau entre les masses d'eau en mouvement, sans l’apparence d’un battement d’ailes. Ils glissent ainsi sur les corridors de l’invisible pendant des heures, montrant une parfaite maîtrise du vol de haute voltige et de la lecture de leur environnement.

* Un merci spécial à Nathalie pour avoir réussi à identifier le puffin des Anglais à l'aide de mes photos.


** Pour amateur de photographie: C'est après avoir tenté de les photographier en plein vol avec une caméra (Nikon D 7000) qui est reconnue pour avoir un focus de merde, qu'on se rend compte de la difficulté de la photographie d'oiseaux ... encore plus quand on navigue sur des montagnes russes. La Nikon Z6 s'est montrée beaucoup plus efficace (fulmar a l'amerrisage, plus haut). Je lève mon chapeau aux photographes spécialisés dans cette discipline.

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Textes, dessins et Photos © Marc-André Pauzé – tous droits réservés.

Marc-André Pauzé | Dessinateur-voyageur | Photographe | Auteur | info@marcpauze.net
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